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Je me réveille flappy. Gros rhume et mal de gorge. Effets de l’exposition à la pollution d’hier. « pot ? » - « yes my friend, a big pot ».Un litre d’eau bouillante caféinée plus tard, je réunit mes affaires. J’ai rendez-vous à 11h à la petite maison médiévale avec djuni pour lui montrer les photos faites ensemble ; elle choisira celles qu’elle aime et je les lui imprimerai – une photo imprimée ici ne coûte que quelques centimes d’euros.
De ma fenêtre, je vois une belle femme balayant le temple du kâmasûtra.
De ma fenêtre, je vois une belle femme balayant le temple du kâmasûtra.
Je trouve djuni assise sur le pas de la porte de l’immeuble frôlant la petite maison. Un peu surpris, c’est là qu’elle me propose de la suivre. Escalier en béton raide et étroit jusqu’au 2è étage. Nous entrons dans ce qui semble bien être, là aussi, l’unique pièce à vivre ; l’une de ses amies – présente lors de la séance photo l’autre jour – habite là. Thé. Nous nous asseyons, djuni, elle et moi sur un canapé lit et passons en revue les photos. J’avais éliminé les mauvaises et retravaillé déjà les plus importantes. J’ai demandé à djuni comment elle allait ; elle me dit « good » ; je dis « very good ? » - « no, good ».
Je prends des nouvelles de la petite malade – elle va déjà beaucoup mieux. Elle me dit dans la conversation que le père de la petite est absent pour une réunion je ne sais où – maïli m’avait dit hier (mais ai-je mal compris ?) que le père était à dubaï ; je n’ose pas en demander d’avantage à djuni.
Vu mon état de santé ce matin, je me renseigne sur la meilleure solution : docteur en privé ou hôpital ? Djuni me conseille d’aller d’abord chez le docteur, puis à l’hôpital si je ne suis pas satisfait de la visite antérieure. A l’hôpital il faut acheter un ticket (le guichet n’ouvre qu’à certaines heures le matin) puis attendre devant la porte qui aura été renseignée. Djuni propose que son frère m’y accompagne – mais j’attendrai de voir ce soir ou demain matin comment je me sens. A dire vrai, j’ai à la fois envie de tester le système médical traditionnel …. et consulter un « docteur » ayurvédique. Let’s see – car les jours passent et la quantité de choses à faire ne cesse d’augmenter.
Djuni choisit elle-même les photos. Je me rends compte une fois de plus que le choix du photographe et celui du « client » ou modèle coïncide rarement. C’est que le sujet photographié choisit les photos moins sur des critères immédiatement esthétiques que profondément affectifs, liés à sa mémoire et sa situation présente. Pour ma part, j’ai retenu de travailler les photos qui me permettaient d’approcher au mieux l’angle, tout nouveau pour moi, du portrait d’intérieur – le peintre vermeer, en gros, et entre autres, pourrait être ici, inconsciemment, mon inspirateur lointain. Lumières de vermeer …
Cela dit, le choix d’un photo parmi d’autres et ma façon de la retravailler reste dans le droit fil de ce que je ressens, connais et comprends du sujet que je photographie. Ma perception du mystère de cette personne ne coïncide pas forcément avec l’autoperception (aperception, disent les docteurs es concept) du sujet lui-même. Dans le passé, il m’est arrivé d’adorer une photo radicalement détestée par le sujet. D’où la question : qui perçoit quoi sur une photo ? Quelles projections inconscientes nous font aimer ou non une photo de nous-mêmes prise par un autre - j’éprouve exactement la même chose face à certaines photos que l’on a pu prendre de moi.
Je passe par le blue sky pour un mixed noddels. Il me reste peu de temps et je suis pressé, je dois prendre le taxi pour mon interview à kathmandu avec anjana. Je m’adresse donc directement au jeune du comptoir d’entrée. A la fin du repas, je vois apparaître mon dizi sanam, toujours en sueur sur le front. Il s’installe en face de moi et j’accepte volontiers qu’il s’essayer à rouler sa cigarette – je la termine pour lui. Rendez-vous est pris avec lui pour ce lundi 2 au matin.
Je cherche des yeux mon chauffeur de taxi habituel mais je ne le trouve pas. Un jeune chauffeur m’offre ses services. Nous embarquons dans une voiture quasi moderne. Je téléphone à anjala comme convenu pour qu’elle explique au chauffeur la route à suivre. Je m’attends à ce que ce soit dans un coin perdu de kathmandu ; je négocie donc la course au même tarif. Le chauffeur accepte. Surprise totale : quelques minutes plus tard, à peine sorti de patan, nous arrivons au lieu dit – une magnifique demeure de type récent, magnifiquement bien entretenue, avec jardin. Mon chauffeur m’a bien eu sur le tarif … (car je lui avais expliqué que c’était mon tarif « habituel » pour thamel, par exemple). Comme il n’a pas trop de travail il propose de m’attendre – j’en profite pour négocier à nouveau le délai et le retour, histoire de me récupérer … j’y arrive partiellement.
J’entre dans l’immeuble : plusieurs bureaux par étage et plusieurs étages de bureaux. On me guide au bureau d’anjala. Sur les murs, je devine des extraits d’articles, textes de reconnaissance officielle du gouvernement, etc. Vu la coupure d’internet à la guest house depuis hier, et les coupures d’électricité antérieures, je n’ai pu visiter le site de himrights, je ne sais donc trop où j’arrive. Je sais qu’anjana est fondatrice et que cette association (dont je pressens à présent l’importance) milite en faveur des droits – enfants, femmes, porteurs de treks – sans plus.
J’ai 15 minutes d’avance mais anjala me fait asseoir dans l’un des canapés de son bureau de ministre. Solide femme et manifestement bien libérée …
Les missions de son associaton sont multiples et importantes. Entre autres, himright intervient, dans tout le pays, pour la défense des droits civiques. Exemple : un homme jeté en prison par la police car soupçonné de soutenir les activités maoïstes ; mais le même service est rendu dans le camp inverse – pour les victimes d’excations commises par les maoïstes. Bref, himright fait de la médiation. Une hotline téléphonique fonctionne 24h sur 24 – mais en ce moment, les troubles sont beaucoup moindre entre gouvernement d’une part (police et armées, très répressives) et maoïstes, non moins violents.
Au cours de l’entretien, j’apprends aussi avec un intérêt grandissant la participation et l’initiation de certains projets de l’association dans le domaine du trafic des népalaises, les enfants des rues, surtout s’ils sont au prise avec la drogue (la colle, entre autres), les enfants travaillant dans les déchetteries, … et quantité d’autres initiatives. C’est presque un « Amnesty international » local, en plus diversifié encore, et qui intervient au niveau notional. Himright intervient d’ailleurs aussi auprès des parlementaires ; forme la police et tente de modifier les mentalités, etc.
Himright cherche à rompre toute cycle de violence (revanche) et intervient donc pour régler toute forme de conflit ; forme égalment des médiateurs. Himright a mis sur place des programmes d’émancipation des femmes, etc., etc. Bref, la société est en marche, lentement mais sûrement.
J’ai préparé une foultitude de questions, sur tous les domaines : économiques, sociaux, poliitques, religieux, condition de la femme, et bien sûr les enfants.
Nous discutons à bâtons rompus et à plusieurs reprises je serai vivement émerveillé ou interloqué par ce que anjala me raconte.
Tout d’abord, il y n’y a rien de commun entre les des rures et des bidonvilles qui errent ça et là et signent de l’alcool ; et les enfants travaillant (volontairement) sur les déchèteries. Anjana me mettra en contact avec des personnes/associations actuellement en prise directes avec chacune de ces problématiques – je n’en dirai donc rien ici.
Suite à ce que j’ai appris les jours précédents, j’en viens à d’autres questions. – Les écoles privées : légions. Vu l’immigration vers la ville, le nombre d’écoles privées est en progression vertigineuse. C’est un business. On fait croire aux parents que le niveau d’étude y sera meilleur. Mais ces écoles sont chères : de 10 à 15000 roupies par mois pour les moins chères, jusqu’à 40 000 roupies (400 euros) pour les plus chères. Par comparaison, un collège du gouvernement coûte, lui environ 40 000 rps par an (50 dollars). L’université est encore moins chère (600 rps par trimestre).
Néanmoins le gouvernement laisse faire ce business, le contrôle plus ou moins.
Le système de santé est un cheval de bataille du gouvernement. Les hôpitaux ne manquent pas … mais anjana m’explique qu’elle a bien de la peine à y mettre les pieds ; elle ne juge pas que les soins y soient très professionnels ; mais c'est aussi qu'elle a l'impression de prendre la place d'un autre. Par contre, quasi gratis. Le ticket dont me parlait djuni le matin coûte 5 rps (env. 5 centimens d’euro), la consultation est gratuite, les médicaments pas trop chères. Certaines interventions comme les accouchements sont naissance sont totalement gratuites – mais anjala me dit préféré les cliniques privées, nombreuses elles aussi.
Alors à ma grande surprise anjala m’apprend que l’avortement est courrament pratiqué et quasi gratis lui aussi. Je m’étonne évidemment de cette réalité vu le conformisme conservateur religieux. Mais anjala m’explique que l’hindouisme peut être aussi libéral que conservateur … En l’occurrence, droit de la femme a disposé de son ventre.
- Moi : « et le droit de la femme à disposer de son corps ? »
- Elle : « ah, ça, non ! »
La discussion se poursuit donc sur la condition de la femme. Comme le prouve l’exemple de djuni, effectivement, de plus en plus de femmes se marient librement. Mais c’est une tendance, pas une réalité généralisée. Cette tendance est une conséquence de la scolarisation qui se généralise : les jeunes s’y rencontrent et … s’y choisissent un jour pour la vie.
Par contre, la « male supremacy » est encore totale au népal et, manifestement, pas moins que dans le désert du rajasthan. Pour l’hindouisme, la femme est et ne peut être, ontologiquement et pratiquement, que dépendante toute sa vie : enfant, dépendante du père ; épouse, dépendante de son mari. Au 3è âge, dépendante de sa progéniture – (PS : ce qui explique l’existence, en inde et au népal, du rite du « sati » : la veuve s’immole vivante durant la crémation de son mari, a fortiori s’ils n’ont pas eu d’enfants, si le mari a fait des dettes, etc. Ce rite a été officiellement aboli en ince comme au népal dans les années 20. Mais on m’a dit en inde qu’il était encore pratiqué de temps à autres – à bénarès, notamment. Il semble par contre avoir disparu au népal (qui dispose, à l’est de kathmandu, de son « bénarès ») ; mais ce rite sacrificiel en dit long : « elle » n’est rien sans « lui ».
La violence conjugale est une réalité. Des associations voient le jour et les femmes victimes y ont de plus en plus recours – signe d’une prise de conscience. Mais, m’explique anjala, les femmes, de manière générale, ont parfois encore tendance à vouloir faire respecter le droit de leurs enfants (fils notamment) bien avant le leur. La violence s’exerce plus particulièrement dans les familles nucléaires, isolées. Raison : lorsqu’un couple vit entouré, à proximité, par d’autres membres de la famille, le mari redoute le regard des tiers – qui exercent donc, implicitement, un contrôle (PS : même principe sur les sites internet).
Les maris sont-ils actifs au foyer ? … mwais … ça vient … mais ça reste rare – mes interlocuteurs des jours derniers me disaient que les hommes allaient bien de temps à autre chercher de l’eau mais bon, l’homme a déjà travaillé toute la journée, donc … Je lui parle alors de cette cérémonie religieuse de pushkar où seuls les hommes cuisinaient et servaient les convives. Anjala est tranchante : oui, les hommes sont actifs lors des cérémonies, mais pas en dehors … C’est aussi qu’ils ont la haute main sur les cérémonies et rituels, y compris s’ils passent par la cuisine !
Les femmes peuvent travailler et travaillent dans un certain nombre de contextes ; en fonction de leurs compétences et diplômes elles peuvent alors gagner très bien leur vie. Traditionnellement, une fois mariée, elles ne travaillent plus – pour autant que le foyer puisse se passer d’un revenu secondaire. Mais le choix de travailler ou non est finalement fonction du degré d’ouverture ou de conservatisme au sein du couple et de sa famille en général. Mais, oui, de nombreuses femmes travail, par choix ou nécessité.
J’évoque alors le cas des femmes, justement, et des ados que je vois travailler sur les chantiers. Retournement, pour moi, de situation : effectivement me dit-elle ; mais c’est pour ces femmes une opportunité car … même si leur job est harassant, elles y gagnent très bien leur vie (avec un salaire journalier de 300 rps). De même les femmes que je vois balayer dans les rues : leurs horaires et salaires sont directement organisé par l’Etat, qui les rémunère, et pas trop mal. – autant pour moi et mes préjugés … encore une fois !
Je lui rapporte alors le cas de djuni qui fait tout ce qu’il faut pour que son mari ne soit pas au courant de notre collaboration. Je m’attendais à la réponse d’anjala mais voilà qui est clair : photographe-journaliste ou pas, je serais immédiatement considéré comme un amant, et elle, je suppose, adultère. On a beau s’être marié par amour ; le conservatisme radical résiste fermement.
De même faut-il se méfier des regards sur la place et dans les rues – tout le monde connaît tout le monde …
Après cet interview, je me poserai d’ailleurs quelques questions : finalement, est-ce que djuni ne prend pas un gros risque en collaborant à mes projets ; et est-ce que je ne risque pas de rendre une situation de couple encore plus compliquée qu’elle ne l’est (vu les soucis économiques actuels de son couple) ? Pour l’heure, je laisse djuni accepter ou non mes propositions et lui laisse toute liberté pour s’organiser – elle seule sait ce qu’elle peut faire ou non. Mais je me dois d’être moi aussi extrêmement attentif. – Ce matin même, j’ai demandé à djuni si elle acceptait de m’accompagner dans les quelques temples hindous accessibles aux étrangers (dans leur « sanctuaire ») pour m’y expliquer tout ce qu’elle pourra des rites, comportements, prières, … elle a accepté sur le principe – nous verrons le quand et le comment. Peut-être dès ce lundi 2, après 11h.
Sur la traite des femmes népalaises, je serai très frustré. Anjana m’avertit d’entrée de jeu que ces associations refusent que « d’autres » gagnent de l’argent en exploitant cette réalité (photos, articles, etc.) Je comprends bien ce point de vue – … mais je suis têtu et je poursuivrai ma recherche de contact. De toutes façons, j’ai d’autres idées à proposer à l’une des asso avec laquelle je pourrais entrer en contact. – j’explique alors à anjala les photos que j’ai prises, à pushkar, pour fior di loto.
Par contre, lorsque je lui annonce que le sort des porteurs de trek pourrait bien faire l’objet d’un de mes prochains reportages, elle applaudit.
A l’hindouisme lui-même, nous aurons finalement peu de temps à consacrer. Je réalise que anjala n’est pas de cette religion et ne se sent pas trop à l’aise sur le terrain proprement théologique. Elle m’apprend cependant que loi d’interdiction du prosélytisme (dont fait état le Routard) n’est plus du tout d’application stricte ; et que le taux annoncé de « 80% » d’hindous ne veut pas dire grand-chose au népal. D’une part, les religions se mixent ; de plus, elles sont nombreuses. La croissance des chrétiens évangélistes est notable. De même pour l’activisme musulman. Déjà loin semble-t-il le temps où le gouvernement expulsait les mormons …
Elle me répète ce que j’entends et constate partout : il n’y plus de vraies frontières entre hindouistes et bouddhistes. Dans le temple du de chacun de ces religions il y a un espace réservé aux croyances de l’autre. Comment ne pas tirer son chapeau … ?
Pour un conclure : et s’il fallait désigner le(s) dieu(x) hindous par un seul mot ? Sans hésitation, et comme toute autre religion : paix, amour et compassion.
Lorsque je sors de l’immeuble pour reprendre mon taxi qui m’attend, je surprends celui-ci en pleine sieste sur son siège abaissé. Retour. Je lui demande le prix d’un taxi pour une escapade dans les collines (1000 m. d’altitude), dans la très jolie ville de bandipur. En principe, pour 170 km aller, 7000 rps, soit environ 75 euros. Si l’on est deux ou trois, c’est bien sûr encore plus intéressant. A l’arrivée, il tient à me donner son nom et n° de téléphone – je prends, bien qu’il m’ait quelque peu roulé …
Il a fait très chaud ce matin ; cette fin d’après-midi est au contraire douce et suavement agréable. Je me rends au jardin des délices (palais royal) pour un café. Je n’ai pu entrer dans le vif de mes questions théologiques et éthiques sur l’hindouisme. Comment faire, qui contacter ? Mais bon sang mais oui mais c’est bien sûr : le directeur du musée ! C’est le plus beau et le meilleur musée du népal ! Mon café bu, je m’adresse donc à la guicheterie et mon me donne sans aucun souci le n° de téléphone du directeur. – ce musée est pour moi un exemple de didactisme et d’intelligence et d’esthétique, je vais m régaler lors de cet interview …
Je flâne encore un peu sur durbar square, rechigne à rejoindre ma chambre alors que j’ai du travail. Du reste je ne sais pas si internet est rétabli … je me promène ; je rencontre mon guide du premier jour, utam, toujours tout blanc. Oui, me dit-il, il y aura une fête en l’honneur de Krishna dans une quinzaine de jour (la mi-lune, je suppose). Je décide alors d’aller visiter un temple bouddhiste aperçu pour la première fois aujourd’hui, dans la rue commerçante et animée qui mène à la petite maison médiévale. Juste avant, je prends, d’instinct, une minuscule ruelle sur ma droite, attiré par plusieurs boutiques vendant tous les types de pots et ustensiles en métal – je soupèse l’une de ces jarres dorées que portent les femmes lorsqu’elles vont chercher de l’eau. Pas trop lourd ; mais au moins 10 ou 15 litres d’eau, et pas de poignées. Très joli …
Je m’avance dans la ruelle et, quelques mètres plus loin, par une des innombrables portes très basse et dans une semi-obscurité, j’assite au travail d’un artisan précisément en train de fabriquer manuelle l’une de ces jarres. Des enfants, de grands yeux, de larges sourires, mon artisan à l’œuvre … photos … of course …
Je parviens finalement au temple bouddhiste. Merveille … C’est le plus vieux temple bouddhiste de la vallée de kathmandu (XVe siècle), un cour abritant un petit stupa blance et encadrée par une constructions en bois orfèvré … pratiquement personne ; à l’un des balcons, un artisan et ses enfants – photos sourires … je vaque, observe …. De retour vers l’entrée, je découvre le lieu de culte … hindou, et les traces des libations m’indiquent qu’il est en activité. Je sens l’odeur nauséabonde et je comprends encore mieux pour quoi : des morceaux de pommes et d’autres détritus végétaux y pourrissent. Shiva – c’est lui, je le reconnais !!! – est le dieu de la destruction.
Je m’en retourne tranquillement vers ma guest house. Devant ma porte, un touriste est affairé avec son mac et le modem de l’hôtel. Semble américain, nous discutons. Il est photographe free lance, sa compagne travaille dans le développement, ils vont rester au népal plusieurs mois ; ils habitent, sous les toits, l’équivalent d’un appartement avec cuisine (bon à savoir …). Nous convenons de dîner ensemble un de ces soirs – c’est mon premier contact avec un occidental en 10 jours ; de ce point de vue aussi, l’inde me paraît très différent. Quant au modem internet, nous apprendrons à la réception que sa panne n’est pas dûe à l’orage mais … à une facture dont le paiement n’a pas été encaissé par la société de télécoms … Eh oui, nous sommes le 1er août … On nous laisse espérer que la connexion sera rétablie ce soir. Incha allah.
Mais je dois consulter ma messagerie ; je me rends donc dans le même cyber point que celui d’hier – des machines qui ont vu la naissance de gandhi. Une souris dont le curseur refuse obstinément de suivre mes indications manuelles. Un clavier bringuebalant, et bien sûr, pas azerty … Il a fallu 6 minutes (oui, oui) entre le lancement d’internet explorer et l’accès à ma session Yahoo. Je ne sais pas combien de temps il m’a fallu pour ouvrir, écrire et envoyer un seul message. Je n’insiste pas – ça fait partie de la poésie des voyages.
Je reviens à ma chambre en espérant qu’il n’y aura pas de coupure électrique dans l’immédiat car j’ai décidé de me laver les cheveux. – et il y a plusieurs coupures, et presque quotidienne en ce moment.
Cela fait, j’écris ces quelques lignes puis vais profiter de la douceur du soir sur le toit-terrasse du 3d world.
L’internet n’est toujours pas rétabli à mon retour. Je sors rapidement, oublie clé et portefeuille à l’intérieur – allahakbar, le manager est là et possède un pass.










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