dimanche 1 août 2010

31/07 -J.10 - home sweet faces Part II



Je ne m’attendais évidemment pas à vivre ce que j’allais vivre aujourd’hui. Djuni m’avait donné rendez-vous dans la petite maison médiévale à midi ; de là nous devions aller voir quelques maisons autour du shiva’s temple – du moins est-ce que j’avais compris (oui, j’ai eu mon pot de cofe, ça vient, ça vient …)

J’arrive pour midi, le pas pressé. Quelques clichés d’ensemble – le caisson-épicerie de maïli, avec les cages à poules et coqs et la petite maison derrière, dominée par les bâtisses de part et d’autres.

Je m’approche. Je tombe au milieu d’une scène toute quotidienne : l’une des jeunes filles frotte le linge dans 2 ou 3 bassines, au pied d’un autre maisonnette en bois qui doit renfermer le matériel sanitaire. Un jeune garçon est trempé et dégoulinant, achevant sa toilette. Plusieurs enfants jouent. Je m’approche de mail mais je sens quelque chose ; une gravité, des visages fermés. Maïli en lotus dans son caisson, comme une piéta, tient et caresse dans ses bras une petite fille endormie – 2 ans ½, la fille de son fils. Malade, fiévreuse depuis hier. Maïli me montre l’ordonnance. L’enfant dort, maïli je le sens a le cœur serré et me le dit – elle a déjà perdu 2 fils. Je crois voir des larmes retenues rougir ses yeux. Car le sourire demeure. Ce visage d’ange est inouï – je ne me souviens plus avoir regardé aussi longuement un enfant endormi. Ses petites mimiques. Mais l’enfant est sauf. Djuni m’expliquera qu’ils sont d’abord allé voir un docteur « privé ». Mais ceux-ci sont chers et travaillent à la chaine, sans même prendre le temps d’ausculter correctement. Alors on va à l’hôpital ; les soins et les médicament y sont beaucoup accessibles et sérieux – mais il faut prendre un ticket (comme à la poste chez nous) et s’armer de patience.

Maïli m’offre quelques biscuits. L’une après l’autre je vois approcher l’équipe photographiée l’avant-veille ; djuni va me préparer un thé que je bois, assis sur un petit « tabouret » en osier torsadé, au pied de la cabine de maïli. Celle-ci m’explique par ailleurs – d’où son émotion très perceptible – qu’elle a la garde de la petite. On n’a plus vu sa mère depuis longtemps. Le père travaille sur des chantiers à dubaï depuis 1 an.

Pluie fine. D’autres enfants joueurs et rieurs s’approchent, je shoot, on rit.




Djuni me demande si je souhaite aller au temple de Shiva ou directement dans les maisons. Je lui laisse choisir. Nous nous mettons en route, elle, son frère kamal (aux boucles d’oreilles) et sa petite fille qui n’est pas à l’école en ce samedi férié. Nous empruntons une rue que j’ignore ; je suppose qu’il s’agit d’un raccourci vers Shiva. Puis djuni me demande si je préfère y aller en bus ou en taxi – est-ce si loin ? Nous dépassons un marché et arrivons à une place, sorte de gare routière. Plein d’engins crachants dans diverses directions, plein d’autres à l’arrêt. Vu la chaleur et le surpeuplement des bus, je propose le taxi … djuni négocie avec l’un d’entre eux. On embarque, je monte pour une fois à l’avant. Démarrage. Je me laisse faire. Rapidement nous sortons de patan et nous voilà sur un grand axe qui semble nous extraire de l’agglomération. Mais où allons-nous ? Le taxi fait son job : klaxon, dépassement par la bande de droite. Je suis pris par la pollution : rhinite immédiate. Poussières, poussières, fumées visibles et invisibles. Grands axes toujours. Il y a longtemps que le Shiva temple est derrière. Finalement je demande où nous allons : près de bodhanat, grand centre bouddhiste en dehors de kathmandu, à l’est. Soit … Je suis très confiant mais là j’ai une appréhension. Où vais-je atterrir ? – pour la première fois depuis que je suis ici je vois de maigres vaches sacrées se promener sur les trottoirs et ailleurs. Mon chauffeur (et tous les autres) les évite fort respectueusement. Le centre spirituel n’est donc pas loin. (pardon : il y a quelques jours, lors de ma promenade dans kathmandu, j’ai vu une vache sacrée ( ?), noire, dans une toute petite cour d’un immeuble près du durbar square de kathmandu. La belle nonchalante siestait sur un tapis de détritus divers.


Le taxi s’arrête. Nous débarquons. Traversée de l’axe à 4 voies, mètre par mètre, djuni me guide. Pour sa fille c’est déjà … un jeu d’enfant. Nous empruntons un petit chemin de terre et de pierre et, sur la gauche, nous débouchons rapidement sur une bâtisse d’un seul niveau en forme de U. Au centre un énorme réservoir d’eau  - comme on voit sur la plupart des toits, en ville. Une dame un peu ronde achève de se laver les cheveux, elle n’a qu’une serviette autour du haut. Des enfants jouent, des ados aussi.




Djuni me fait entrer dans l’une des pièces à l’extrémité d’une des ailes. M’installe sur un lit/canapé. Une fenêtre est ouverte sur un peu de végétation ; la pièce est plus éclairée que dans la petite maison médiévale. Plus décorée aussi. Le téléviseur grisouillant est en marche, le câble traverse la pièce dans les airs. Programme en anglais.

Finalement je comprends : nous sommes chez des cousins de djuni. Une femme arrive, une autre,  une autre jeune fille, d’autres ados … tout un monde ! Mon appréhension m’a enfin totalement quittée. Tout d’abord je pressens que l’endroit va être photogénique et je ne tarde pas à sortir mon joujou préféré. Thé. Je ne sais quelle heure il est. Je commence mon « job », tout en posant de multiples questions sur la vie quotidienne. Une famille vit ici, une seule pièce, avec le vestibule. De fait des matelais, ici aussi, sont entassés. Plusieurs familles se répartissent le bâtiment ; environ 50 personnes – 1 à 2 pièces par famille.
Peu à peu et naturellement, les uns et les autres font ce qu’ils ont à faire, je n’ai qu’à prendre les photos. Une femme adorable me sert du pain façon « petite baguette » italienne croustillante. Fabrication du temple bouddhiste, tout proche. Délicieux. Ces mini-baguettes un peu sucrées adoptent diverses formes. Nous partageons.

Kamal me demande l’adresse de mon site web. Je lui donne le tout, tél. népalais, e-mail. Il a un e-mail lui aussi. Je prends note également du portable de djuni.

Un peu après, djuni m’emmène dans l’un des angles du U. Autres jeunes, enfants, un chien. Je remarque les poules en liberté. Toutes sortes d’ustensiles dans la cour – une vieille pompe à main, des récipients de toutes formes et de tout matériaux. Nous entrons dans « l’appartement » ; entrée minuscule donnant, à gauche, sur une cuisine décorée de représentations religieuses – la dame (celle qui se lavait les cheveux, très débonnaire, habite là). Puis une seule grande pièce ; un ado y vit, il y a le poster d’une actrice ou chanteuse occidentale (célèbre paraît-il mais bon, j’ai oublié son nom et manifestement je ne suis plus de mon temps ce qui fait bien rire les djeuns – avec ma barbe pas rasée, kamal me donnait 50 balais … plus fine, djuni m’en accordait un peu plus de quarante).




Ici aussi, thé, au sol. On dort le long des murs et mange par terre au milieu de la pièce, l’antique petite tv allumée je présume. Un peu plus de mobilier. Nous restons là assez longtemps, je ne saurais dire combien de temps. On entre, on sort, les djeuns sirotent une bière – garçon et fille. On appelle un homme qui vient nous bercer de sa musique, instrument type petite viole. Il est de coutume, lors des réunions de famille, de faire de la musique, de l'écouter ou de chanter.


 Les enfants vont et viennent, jouent. Un groupe de quelques femmes, prenant exemple sur djuni, commencent une séance maquillage des ongles. On s’aide l’une à l’autre, assises sous la seule fenêtre – ouverte elle aussi. Namasté à tout bout de champ. Quel animation ! et pourtant l’ambiance est très paisible. La fille de djuni se sent manifestement ici comme chez elle – mais nous ne sommes pas dans la maison de djuni.



Sentant que j’arrive au bout de mes portraits d’intérieur, je sors fumer une cibiche. Besoin d’air et d’un peu de solitude. J’en profite pour faire des photos de la cour. Je dois aller faire un trilili, je le fais comprendre à djuni. Elle va chercher une clé (étonnement …. !) puis me guide jusqu’à une petite bâtisse perpendiculaire au U : plusieurs portes basses cadenassées. Chaque famille a ses propres commodités …

Au sortir, nous nous installons dehors, face au premier « appartement » visité, assis sur des tabourets. Djuni et moi devisons. J’en apprends alors beaucoup plus.
Elle a 26 ans. S’est marié à 20. « love mariage », me précise-t-il immédiatement, devançant la question issue des préjugés occidentaux (et pour le coup j’en faisais partie). Mais oui, de nos jours, la plupart des mariages hindous (du moins en ville, me dis-je) sont le résultat d’un choix réciproque. Non, le père de la future mariée ne doit pas se ruiner. Au contraire, lorsque le mariage est un choix réciproque des époux, les familles respectives fournissent tout ce qu’ils peuvent pour l’installation des jeunes mariés. La cérémonie dure plus d’une journée, au temple de Shiva.



La tika (rond parfait pile entre les yeux) est purement décoratif, m’explique-t-ellle. Mais la marque rouge et blanche sur le front, à la racine des cheveux, signale que la dame est mariée. Je suppose qu’on se l’applique chaque matin. Il y a d’autres marques à cet endroit, d’autres couleurs, pour d’autres significations – parfois superstitieuse, attiré la bonne chance, par exemple. Le mari de djuni est sans travail depuis 3 ans. Il était boucher (pour les volailles). Il ne trouve plus de travail.

Djuni est seule à subvenir à sa petite famille (elle n’a qu’un enfant). Dur dur. J’apprends avec émotion que ses parents ont divorcé quand elle était enfant. Sa mère s’est remariée et elle ne la voit manifestement plus. Son père, alcoolique, ne pouvant s’occuper d’elle, la confiée à ces membres de famille chez qui nous sommes ce jour et où elle a grandi depuis ses 9 ans …

Je m’étonne de son anglais parfait. Mais non, elle n’a jamais pu aller à l’école. Elle travaille à durbar square comme vendeuse depuis qu’elle a 9 ans. D’où ses efforts pour financer les études de sa fille. Elle-même n’a pas appris à lire ni écrire mais profite des devoirs d’école de sa petite pour s’initier à l’alphabèt. Tout cela m’est raconté avec beaucoup de pudeur et une dignité que j’admire. Mais je m’explique à présent la gravité que je sens chez elle depuis le début. En outre – et là je m’étonne – elle me dit appartenir à la caste des brahmanes, la plus haute. – mais l’appartenance à une telle caste n’est en rien une garantie de fortune … (PS : à pushkar, ville sainte où environ 1 habitant sur 10 est brahmane (il y a 500 temples, un brahmane ne gagne sa vie que par les donations directes des fidèles lui demandant telle ou telle rituel (puja, en général. Par ailleurs, un intouchable – basses et très basses castes peut par contre faire fortune. 20% d’intouchables (« dalits ») ont un très bon statut économico-social au népal qui, comme l’inde, tente, par voie juridique, d’abolir cette hiérarchie aliénante – en vain, en inde en tout cas et certainement en dehors de grandes zones urbaines. Reste que les castes ont des règles très strictes : interdiction de mariage avec une autre caste, par exemple ; interdiction encore plus formelle d’épouser un étranger (je l’avais noté en inde).

Quant au système éducatif, celui qui dépend du gouvernement étant fort peu professionnel, tous ceux qui le peuvent placent leurs enfants dans des écoles privées – à financer chaque mois. C’est le cas de la fille de djuni.

Elle aime venir ici, me confie-t-elle, surtout les jours difficiles, « quand je suis triste ». Ici elle trouve chaleur et solidarité.
Durant notre conversation, fabuleux spectacle : à côté de l’entonnoir, un des jeunes se lave. Hallucinant … il s’est savonné, rincé, shampouiné à plusieurs reprises ! Pour le shampoing, un petit sachet qu’on ouvre puis jette au sol (il y en traîne effectivement un peu). Rires lorsque je le prends en photo (avec son autorisation bien sûr, car c’est pour le journal local).


Vers 15h30, djuni me propose une petite restauration. Ok pour les momos. Accompagnés d’une petite coupe de sauce épicée, ils seront délicieux. Nous les mangeons ensemble, elle, son frère kamal et moi.

Je signale à djuni que je vais devoir rentrer. Je ne sais qui a fait le nécessaire pour le taxi que je vois arriver dans la cour un peu plus tard. En attendant, j’en profite pour demander à djuni si elle accepte de me servir de guide-interprète pour mes futurs interviews et déplacements. Elle accepte ; demande si son frère peut nous accompagner. Je lui explique les différents articles/reportages que je prépare.

Je glisse dans la main de djuni la petite enveloppe convenue, pour elle aussi. Je considère que l’après-midi consacrée ici, elle n’a pas travaillé sur la place. Normal, donc. – On travaille 7 jours sur 7. Le samedi n’est férié que pour les institutions publiques, sans doute quelques grosses entreprises aussi. Maïli travaille tous les jours que dieu fait de 7h à 20h. Les hommes du logement où nous sommes sont vendeurs au grand centre spirituel tout proche. – je note que l’un d’eux, qui me saluera d’un cordial « bye amigo » à notre départ, possède une moto.

Le taxi reprend le chemin en sens inverse. Je suis très méditatif et ressens un grand besoin de solitude. Arrivés à la petite maison médiévale, djuni me propose un dernier thé. J’accepte – mais j’aurais aimé me détendre dans je jardin-terrasse du palais royal. Besoin de verdure après cette pollution qui m’a torturé les narines jusqu’à ce soir – le mal de gorge en prime à présent.

On m’installe sur le même petit siège torsadé. L’un ou l’autre enfants s’approchent pour être pris en photo. Va donc … shoot, jeu de cache cache … et tout le monde en redemande, et encore et encore, attirant d’autres enfants du coin. Que de rires innocents après une après-midi humainement plus  âptre. Je comprends à présent pourquoi j’ai tant aimé par la  « cité  la joie », lu à 16 ou 17 ans – époque aussi où je découvrais gandhi. Je dois être la réincarnation d’un baba des années 60 …




Je quitte finalement la troupe. Plongé encore dans diverses émotions, à nouveau je me trompe de rue ; je m’en aperçois heureusement et je fais demi-tour. Tout à coup sur ma gauche j’assiste au ballet des manœuvres sur un chantier … terrifiants : des ados, des femmes s’affairent autour d’un camion empli de cailloux. Je shoot à tout va, clin d’œil à la cantonade et tout le monde sourit mais je shoot. Ce ne sont pas les femmes qui ont la tâche la plus facile … mais je les vois me sourire derrière le masque qui les protège ( ?) de la poussière. Et les jeunes aussi. Le tout sous l’œil d’un contre-maître bienveillant, hyperactif … debout, lunettes de soleil sur le nez.




Je reprends ma route. Trop tard pour le jardin-terrasse. J’hésite. Je me décide finalement pour un autre toit-terrasse – celui du « café du temple », où j’ai dîné l’autre nuit seul avec la pluie. Il fait doux et encore lumineux. Le même serveur que la fois précédente m’apporte une carte de fidélité qui me donnera droit à 10% de « discount » sur tous les repas. Merci … Ca tombe bien, n’ayant presque rien mangé de la journée, je comptais m’y rendre pour le dîner.

Je rentre finalement à ma chambre. Je cherche une nouvelle fois le manager pour lui signaler que je prolonge mon séjour. Je commence à pianoter sur le mac. Vers 19h, panne d’électricité. Je continue encor un peu puis, grâce à ma lampe de poche, réunit mes affaires pour aller dîner – je marche dans la nuit tiède et animée.

Sur la terrasse, beaucoup de monde aujourd’hui. J’opte pour le même « nepalese chicken curry » que celui qu’ j’ai déjà savouré à deux reprises au leyku, le resto « historique », de l’autre côté du square (au sud) – celui où les klaxons viennent dîner dans votre assiette. Rien de tel ici – pas d’axe routier au pied de l’immeuble. Il fait nuit mais un peu frais ; vent léger. Je savoure cette tranquillité, je prépare mon interview de demain dimanche, 14h, kathmandu – à 11h, je retourne à la petite maison médiévale leur montrer les photos prises avec et chez eux deux jours plus tôt ; je leur ai promis de leur en imprimer quelques-unes – ah, cet aprèm, djuni m’a montré une ancienne photo d’elle N&B, quand elle était ado. La seule photo d’avant celles prises à son mariage, je présume.

Repu, je reviens à l’hôtel. L’électricité est revenue. Je ne devrai pas me laver à la lampe de poche. Mais c’est internet qui ne fonctionne pas. Je préviens le « room service » que je garderai la chambre encore quelques jours – il ne peut rien faire pour internet.

Zen, restons zen.

L’hindouisme népalais – de kathmandu du moins – m’a encore réservé une surprise. J’avais été étonné, du reste, de croiser sur la place où dans les rues des jeunes filles au bermuda plutôt court, de même pour l’une au l’autre juppe. Beaucoup de liberté dans leurs tenues, très occidentalisées. Et leur détermination sur le scooter … les brunes casquées forment un régiment.

C’est donc avec une foule de questions que j’arriverai à mon interview de demain dont j’attends davantage encore d’éclaircissements. Ma réflexion sur l’hindouisme progresse, j’espère confirmation, infirmation, nouvelles infos et pourquoi pas des révélations … !















Kathmandu est la ville la plus polluée du monde. Il est vrai que ce jour comme à kathmandu, j’en ai été indisposé. Les bouchons du périf parisien sont une promenade au grand air.  Je n’ai encore, après plusieurs semaines cumulées en inde et au népal, qu’une seule poubelle proprement dite (PS : on m’a dit dans la ville sainte de pushkar que les détritus étaient aussi laissés à même la rue pour les vaches et les chiens. Lorsque les autorités locales ont voulu interdire la libre circulation des vaches dans les rues de pushkar, un soulèvement général a fait renoncer les dites autorités. Autour de durbar square de patan, je vois des femmes balayer ; des petits tas de détritus régulièrement formés et emportés. Les poubelles n’ont donc pas forcément la même nécessité que chez nous … mais qu’il s’agisse du droit des vaches sacrées à pushkar ou de la chance ( ?) d’un travail pour les « dalits » de patan, ici comme à pushkar, nombreux sont les impératifs du « développement durable » - peu importe l’expression – qui se heurteront à des pratiques et croyances multiséculaires.



Je m’endors à la fois soulagé et ému pour le sort de djunit – soulagé de son mariage d’amour, ému de sa situation professionnelle.

Djuni a bienheureusement modifié mon pré-jugement sur la condition des femmes hindoues et relancé ma réflexion – reste que je n’ai toujours pas été présenté au mari.

Djuni m’a confié durant notre conversation qu’elle était heureuse d’avoir pu revoir ses cousins cet après-midi, et contente de m’y avoir amené – ce dont je fus très touché.

Les jeunes ont fini leur partie de football ; les chiens ont pris possession de leur nocturne royaume. Les corneilles se sont tues. Les cigales chantent pour les chiens. On ne se lève pas trop tard mais on ne veille pas tard non plus à patan – qui sur ce point me rappelle pushkar : couvre-feu officieux à 23h.

Je suis à peu près certain d’avoir mon « pot » de coffee demain matin.

Je revois toutes ces motos chargées de famille entière, bébé inclus. S’il est vraiment petit, on le positionne en sandwich entre le conducteur et la maman. S’il est un peu plus grand (1 an, 2 ans), il prend place à l’avant, les petites mains sur le guidon. Seul le conducteur est casqué. Pour les autres, pas de ceinture. Dans mon pays, on me prend pour un irresponsable de mettre mon aînée de 15 ans, seule, dans un TGV direct de 2h.

Sur les routes d’inde et du népal, aucune signalétique routière. Aucun feu à ma connaissance. Y a-t-il seulement un code de la route ? Le klaxon résout tous les problèmes ; il doit avoir son dieu. Chez nous la conduite est fortement intellectualisée, organisée, contrôlée de multiples manières. La distinction entre chauffeur et au chauffard est on ne peut plus claire au pays des radars, des caméras et de la liberté du citoyen.  La circulation chez nous est essentiellement visuelle – indications, phares. Ici, elle est visuelle certes, mais tout autant auditive. Insupportable, ces klaxons criards … mais plus efficace qu’une armée de pervenches. Et ma réflexion appartient, je pense, au monde des théories physiques du chaos : celui s’autorégule dès lors que chacun a le même objectif : arriver à destination. Et basta les mille lois écrites et l’armée de sifflets ballons à gonfler chargée de les faire appliquer. Je serais curieux de savoir, statistiquement, lequel de ces deux systèmes est le plus dangereux et le plus efficace (oui, oui, je sais lequel est le plus silencieux … mais par rapport aux coups de gueule, énervement, bagarres et injures des taxis parisens … le silence est dehors, pas dedans.

(L’occidental qui se risquerait ici à conduire auto ou moto serait lui-même un danger et en danger ! En inde, ce sont d’ailleurs les motards occidentaux qui meurent le plus sur les routes des épices).






































































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