Réveillé tard, c’est à moitié somnolotent que je descend demander mon « pot » de café. Je dérange quelque peu le room server habituel immergé dans la musique de son mp3. Palabre : oui, oui, un « pot » ; oui, oui, un « big », pas un demin, non, pas une « cup », un « big pot ». Après 8 réveils dans la même guest house, il y a encore hésitation. Mon interlocuteur a gardé dans l’une de ses oreillelles l’une des précieuse source de musique – voilà sans doute l’une des causes des mésinterprétations. Ou bien seraient-il héberlués par ma consommation de nescafé caféine ?
Je travaillotte. Après les pluies d’hier, le temps est est aujourd’hui rayonnant. Je décide de prendre le déjeuner dans le jardin du palais, de l’autre côté du square, et de m’y plonger suavement dans les livres que j’ai acheté. Je passe par la librairie du musée et je fais d’autres trouvailles. Un livre entre autres entièrement consacré à Shiva, clé de cette religion, manifestement.
Le soleil généreux, je m’installe à l’une des tables les plus extrêmes du jardin-terrasse, sous un toit de bois, afin de profiter de la vue. Quiétude. Mon copain le serveur, ici, sait que je commence toujours mon repas par un black cofe et, d’ailleurs, m’amène directement la cafetière. Va pour un patan muséum burger, le meilleur que j’ai jamais goûté.
Avant et après le déjeuner, je tente également , grâce à mon portable enfin népalisé, de joindre les différents contacts que j’ai faits les jours derniers afin de fixer les rendez-vous. Je verrai le dizi sanam lundi en matinée ; anjala la chairwoman de l’association de défense des porteurs dès dimanche (jour ouvré) ; et le mecredi 4, je me rendrai au centre de désintox pour l’interview de , photos à suivre, probablement le 5 et peut-être le 6.
Par bonheur, anjala semble également bien au courant de tout ce qui concerne le droit des enfants et la condition de la femme. J’attends beaucoup de cet interview et donc je la fixe au plus tôt. Comme il n’ y a pas de nom de rue à son bureau, elle me suggère de lui téléhoner dans le taxi, elle indiquera la route au chauffeur.
Je me plonge dans mes livres et, de page en page, je découvre encore davantage la religion hindoue. Je me régale, les choses se précisent tout en me montrant l’extraordinaire complexité – du point de vue historique – de l’évolution de l’hindouisme.
Energie cosmique ; prodigalité, profusion, débordements … ; coplulation jubilatoire des principes - et viser les sommets dont cette terre à la garde ; musique, danses, transes, potentialisation et sublimation du désir – le contraste avec le bouddhisme est saisissant. Luxuriance de la vie végétale et animale, géographie du sublime. Les vrais sadhous hindous vivent mi-nus dans les infractuosités de l’himalaya dont ils ne descendent que pour quelques rassemblements. Etreinte de la sensualité et de la transcendance absolue. Le christianisme : amour et chair. Islam : loi et miséricorde. Bouddhisme : éveil, compassion. Hindouisme : "énergie", union sous toutes ses formes avec elle ?
J’ambitionne depuis quelques jours de me faire une synthèse « inaugurale » réunissant les principales réponses aux questions que je me suis posées et me pose encore. Le travail est en cours.
Je m’étais dit que je ne ferais pas de photo ce jour pour me consacrer à la lecture et l’écriture mais la douceur lumineuse de cette fin d’après-midi tente mon capteur. Je me positionne donc en sit & Watch sous les poutres kâmasûtra, regardant, observant, goûtant … jeu des enfants, vêtements des femmes, porteurs harassés par leur charge … Je découvre que le sommet de plusieurs temples, en leur dernier niveau, sont en réalité les abris des pigeons et moineaux que l’on nourrit abondamment sur le square. Quiétude quasi silencieuse dans cette fragile cité XVIIe – ses briques rouges verdies par les sauvgeonnes. Hors temps, hors espace. Deux enfants jouent au football avec une bouteille en plastique.
Si je pouvais acquérir ce troisième œil … grand ouvert sur l’invisible visible … et ce 7è sens, le sens poétique … et habiter ce monde en poète ...
Le « joli », décoratif, distrait, perturbe, éloigne. La beauté rend la laideur envisageable. – l’invisible en art n’est pas dans l’œuvre mais dans la révélation qu’elle suscite à l’intime de l’esprit – l’invisible est relation, indicible visibilité d’un au delà dévoilé. L’œuvre et l’esprit s’accomplissent l’une par l’autre et l’une dans l’autre.
Je rentre enfin travailler – le ciel se couvre. Cette fois je n’oublie pas de passer prendre mes 2 bouteilles d’eau et c’est en chemin que je suis interpellé par un beau jeune homme, guide lui aussi. J’en profite pour quelques questions : oui, le temple de Krishna est interdit aux non-hindous – mais pas le temple du commerce. Il faut se lever tôt pour assister aux rituels religieux, qui se passent également à l’extérieur. Comme le suggérait l’un de mes livres, août-septembre me donnerait-il l’occasion de participer à une grande fête en l’honneur de Krishna ? Grande, non, car celle-ci, la fête de son anniversaire, se déroule en octobre. Mais il y a continuellement, selon l’évolution de la lune (en sa moitié ou lorsque son disque est intégral), des fêtes de moindre importance. Le mouvement des astres rythme la vie festive des népalais.
Je travaille puis grimpe sur le toit terrasse du 3d pour un rapide plat de riz.
Pas de coupure électrique aujourd’hui.
Demain nouvelle séance de portrait d’intérieur autour de Shiva temple.
J'aimerais voir le pays des dieux depuis ses sommets inouïs.



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