
PHOTOS SUPPLEMENTAIRES COMING SOON _ _ _ _
J’avais manipulé mon portable pour un réveil matinal : 5h45. Pour participer aux rituels religieux aux pagodes. Soit le réveil n’a pas sonné, soit je ne l’ai pas entendu. Toujours est-il que j’ai raté les matines. Je me lève néanmoins plus tôt que d’habitude : au menu du jour, retour au musée de patan. Je me sens prêt pour un second tour, axé photo, cette fois, et contemplation – et esthétisme.
Je demande à la « réception » un « pot » (en anglais) de café, pas une seule « cup ». Les longues minutes habituelles passant, voilà … une « cup ». Soit. Je suis bon pour une « cup » supplémentaire au blue skye.
J’aurais une fois de plus aimé revoir le « dizi » sanam – mais pas de pot. Peu importe, je lui téléphonerai (mais il me faut cette fichue simcard).
J’aurais une fois de plus aimé revoir le « dizi » sanam – mais pas de pot. Peu importe, je lui téléphonerai (mais il me faut cette fichue simcard).
Avant de quitter l’hôtel, je m’étais enquis auprès du patron d’un shop à proximité où je pourrais me procurer une simcard. Il m’indique l’internet point de l’angle du square … je m’y précipite. Ben non ; c’est pas là mais pile en face. Et en effet. Mais pas de bol, rupture de stock. Revenir demain … ah oui, car les temps sont mûrs pour les contacts – reportages – interviews.
Direction le musée. Nouveau ticket en papier de riz. Je relis quelques explications. Mais surtout, je regarde, je contemple, et beaucoup plus longuement que la première fois. Les mains, les doigts … extraordinaire et émouvant travail surtout sur les toutes petites statues … quelle finesse … et en faire un bronze de surcroît … le mouvement des corps – presque dansant … Je prends le temps de photographier – les bouddhas surtout : en haut, en bas, de face, de profil … quelle grâce, quelle quiétude.
L'autre jour j'ai photographié cette jeune fille, à la guest house ; buste, assise. Ses mains sur les cuisses : dans la même position que celle du bouddha méditant : paume sur paume, mains ouvertes, doigts délicatement et légèrement repliés ...
les mains ici comme un inde sont un poème de la grâce, les doigts dansent
L'autre jour j'ai photographié cette jeune fille, à la guest house ; buste, assise. Ses mains sur les cuisses : dans la même position que celle du bouddha méditant : paume sur paume, mains ouvertes, doigts délicatement et légèrement repliés ...
les mains ici comme un inde sont un poème de la grâce, les doigts dansent
J’arrive enfin à mon bouddha copulant et je zoom la dame de profil, par l’est et l’ouest. Trop amusant et énigmatique … est-elle en extase ? Tend-elle les lèvres ? Ou bien ferait-elle une petite moue ? … et où trouver la réponse ? … le mystère demeure … mais je pense que la compassion aime trop la sagesse pour s’y refuser.
Je décide de déjeune encore une fois dans le jardin du musée. Le serveur me reconnaît ; au fil du repas, nous conversons, il est plus attentif encore que la première fois. Je commande le burger du chef et les boulettes de légumes frites. Et quel burger … fait main, fait maison, là, presque sous mes yeux, derrière le bar. De la vraie bidoche pétrie avec petits légumes et épices. Je ne pourrai plus jamais aller chez … ni chez …. « Nous, c’est le goût ». Mort de rire ! viens donc savourer le burger du patan muséum … même la pain est bon.
Je déambule un moment espérant dénicher encore l’un ou l’autre événement-visage. Puis je traverse le square pour revenir à mon hôtel (le temps n’est guère meilleur qu’hier, avec de petites pluies intermittentes). Je me plante cependant sous le temple du kâmasûtra dont je tente de percer l’énigme de la structure en bois (elle est, elle aussi, un peu expliquée au musée). Un jeune homme souriant aux lunettes de soleil m’aborde alors gaiment. Bon anglais, on cause. J’en profite : pourquoi cet universel sit & Watch ? D’après lui (il doit être guide, lui aussi …), l’origine est la suivante : naguère les paysans des montagnes descendaient en ville vendre leurs récoltes. Après quoi, et pour se repose avant la remontée, ils s’asseyaient un peu partout dans le square. Ce dont s’inspirent les locaux actuels. Le jeune rencontré le premier jour à la guérite des gardiens me reconnaît et nous rejoint. Conversation autour du kâmasûtra – mais lui me répète à quel point il s’ennuie. Tout à coup les lunettes de soleil interrompent la conversation : regarde, une femme en habit traditionnel newart ! mais la belle a disparu. Vite, nous contournons le temple (nous sommes face sud, pas orientée vers le square) et effectivement : une belle en habit noir et rouge est assise au sol, face au temple – mais c’est une speaker tv, elle parle au micro devant une caméra et 2 techniciens. Quelle aubaine ! Je shoot. Puis je descends et viensme poster juste à côté du cameraman. Avec son autorisation, et profitant d’une pause de la speaker pour lui signaler ma présence, je continue le shooting – je remarque immédiatement les gros et superbes bracelets d’argent autour des chevilles. L’opérateur la fait ensuite parler debout sur les marches d’un petite temple ; tout le monde rit et sourit et elle en premier – moi aussi, je lui lance qu’elle est un parfait modèle, allez, zou, d’un œil léger, je shoot. Nouveau changement de place pour l’équipe qui s’en va sur un flanc du temple, cadre plus discret. Une pause sans doute. Je dois contourner la pagode par l’autre côté. Là, je m’approche et sollicite un portrait en bonne et due forme. La charmante et souriante speaker newar se prête avec bonne humeur et me sort un joli petit numéro de poses-studio. On s’assied enfin, je lui montre les tofs’, elle me demande ma carte de visite (je lui écris mon site web). J’ai malheureusement oublié son prénom.
De retour dans ma chambre, je la vois encore, pas très loin, continuer son show … sous la pluie, avec le même sourire.
Je me mets au travail (non, pas de coupure électrique ce soir. Et, oui, l’ampoule de la sdb fonctionne à nouveau).
Vers 17h je sors pour mon rvs prévu avec djuni. Impatience … mais il pleut ; je mi’nstalle à l’abri, j’attends – toujours observant … le temps passe, pas de djuni. Je pérégrine dans le square. Ses copines me hèlent ; (veulent me vendre des bracelets, elles aussi, mais pas question). Djuni m’aurait cherché mais pas trouvé, repartie pour cause de pluie et fiston à l’école. On devrait se croiser demain. Patience, patience et longueur de temps …
Il pleut, je retourne une nouvelle fois dîner au 3d world restaurant. Nouilles végétariennes et french fries. Mais je dois me rappeler à l’existence du serveur (ils peuvent avoir tendance à vous oublier. Sauf pour la punition finale). Bref, ne jamais être pressé dans un resto népalais (pour ce que j’en ai testé et je pense avoir fait le tour de ceux du square). Le resto est pratiquement en face du Krishna temple ; au premier niveau, tout le balcon est garni de dizaines de lumignons. Charmant dans la nuit.
(à propos : le Routard mentionnait l’existence d’un temple de Shiva sur le square, à côté du temple de Vishnu. Mais il ne peut y avoir qu’un seul temps à cet endroit, et pas deux. D’après mon jeune homme à lunettes, c’est le temple de Vishnu qui est, en fait, le temple de Shiva. Finalement comment savoir et après tout … la pagode est trop belle. Sur le square, seuls deux temples fonctionnent en permanence : le premier, tout en pierres, richement décoré, est consacré à bhimsen, dieu du commerce (il en émane une très curieuse odeur). L’autre est le temple de Krishna – très populaire au népal ; Krishna a d’ailleurs 2 temples sur le square au lieu d’un seul, comme ses autres collègues. Les autres pagodes n’ouvrent leurs portes étroites et basses que pour certaines fêtes).
(à propos : le Routard mentionnait l’existence d’un temple de Shiva sur le square, à côté du temple de Vishnu. Mais il ne peut y avoir qu’un seul temps à cet endroit, et pas deux. D’après mon jeune homme à lunettes, c’est le temple de Vishnu qui est, en fait, le temple de Shiva. Finalement comment savoir et après tout … la pagode est trop belle. Sur le square, seuls deux temples fonctionnent en permanence : le premier, tout en pierres, richement décoré, est consacré à bhimsen, dieu du commerce (il en émane une très curieuse odeur). L’autre est le temple de Krishna – très populaire au népal ; Krishna a d’ailleurs 2 temples sur le square au lieu d’un seul, comme ses autres collègues. Les autres pagodes n’ouvrent leurs portes étroites et basses que pour certaines fêtes).
Comme je suis arrivé au bout de mes paquets de tabac (finies les leçons au blue sky), je me suis acheté des clopes locales, surya. J'ai tenté d'expliquer que je ne voulais pas des light, mais je n'ai manifestement pas été compris. Après le dîner, je retourne donc au mini-shop et là, l'autre vendeur, me propose un paquet d'une autre couleur (et aussi pour un autre prix. Mais selon le moment de la journée et le vendeur, le même produit change de prix).
Je rentre, retour au « labo ». Je demande un black café (« cup »). Nouveau serveur – quel turn over ! Je lui tends, à son départ, une bouteille d’eau vide … et il passe devant les 2 autres que j’avais mises à l’entrée sans les prendre.
Après cette nouvelle petite incursion au royaume de la sexualité orientale (hindoue et bouddhiste), je regarde encore autrement les figurines du kâmasûtra que je contemple en 3D depuis l’écran géant de ma chambre (celle de l’étalon, entre autre). Tout d’abord, le musée a complété ce que m’avait dit mon guide en réponse à a demande : pourquoi l’exposition publique de ces figures ? Didactique, m’avait-il répondu – préparation au mariage, quoi. Mais leur profusion dans les temples s’explique pour une autre raison : la génitalité est le symbole même de la fertilité, enjeu majeur dans ce pays agraire. Ces deux réponses n’expliquent certainement pas tout, mais enfin, on progresse …
84 positions pour le népal, ça laisse rêveur. Au delà des performances acrobatiques, un autre enjeu : le(s) corps (sexués, désirables et désirants), sont eux aussi au fondement d’un couple qui dure. Car comment réellement pratiquer toutes ses positions et, dans l’idéal, les « réussir », en 1 nuit d’amour ? En d’autres termes, il faut un couple qui dure dans le lien et le désir amoureux pour que ces 84 positions aient un sens … concret. A partir de là (cette durée du désir amoureux que cette créativité jubilo-copulatoire de ces positions entretient à son tour), on comprend l’importance du facteur « temps » et « durée » du lien. D’abord parce que j’imagine qu’il faut que les partenaires se désirent – certaines positions sont une vraie prouesse physique. Ensuite, pour atteindre au sommet du vertige, et y parvenir à deux, ces positions supposent un apprentissage réciproque des corps. Là aussi, du temps mais aussi de la parole. Imaginons de plus que, y allant de leur propre créativité, les amants s’essayent à telle ou telle variation subtile sur chacune des positions – ou sur celles qui leur conviennent le mieux (ce qui suppose, ici encore, d’avoir eu … le temps … et la patience … et le dialogue pour le savoir). Enfin, c’est chacun des positions qui demande cet exercice de la patience et du dialogue car on n’arrive pas au nirvana en deux temps trois mouvements (du bassin). Conséquence : ces positions sont bel et bien le bréviaire – et la grammaire corporelle – d’un « discours » amoureux et qui ne peut être que … amoureux. Impliquant durée et dialogue. Le kâmasûtra est bien plus qu’un catalogue d’exploits techniques. Et qu’on prenne sous l’angle de n’importe quelle sagesse : hindoue, tantrique, bouddhique, chrétienne, juive … le nirvana érotique est de l’ordre du temps et du lien, pas de la prouesse anatomo-physique.
Ce soir je me sens un peu plus du quartier.
J'ai photographié un singe sur la place pour la première fois.
J'ai photographié un singe sur la place pour la première fois.
J'ai oublié de fermer ma fenêtre et les moustiques se régalent.
Vais-je me lever demain matin aux matines ?
Et mon marchand aura-t-il ma simcard ?










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